Tant pis pour lui !

Allez, reprenez courage. Il y a plein de poissons dans l’océan.

De toutes façons, vous êtes trop bien pour lui !

Pas vrai ?

Je ne t’ai pas vu te briser comme moi. Je ne t’ai pas vu flancher, pas même une seconde, lorsque tu rompais avec moi.

Quand tu m’expliquais à quel point je te tirais vers le bas.

Quand tu me disais à quel point j’avais changé et n’étais plus moi-même depuis quelques temps.

Sur le moment, j’ai cru que tu avais raison. Sur le moment, j’ai cru que tu étais trop bien pour moi et que je ne méritais pas mieux que d’être jetée comme un vieux tapis.

Sur le moment, j’ai cru que je méritais de souffrir.

Qu’est-ce que j’aime ce “mais”…

Mais plus maintenant. J’ai passé des mois à m’apitoyer sur mon sort, à me détester, à haïr mon corps et mon esprit, pensant qu’ils t’avaient poussé à t’en aller.

J’ai passé des mois à essayer de comprendre pourquoi tu m’avais quittée.

Est-ce que c’est parce que j’avais été trop fatiguée ?

Est-ce que c’est parce que je n’arrivais pas à suivre ta soif inétanchable d’aventure ?

Est-ce que c’est parce que tu ne me trouvais plus jolie ?

J’ai passé des mois à refuser de m’ouvrir aux autres, puisque de toutes façons, ils finiraient tous par me quitter.

Des mois à penser que tout le monde essayait de m’avoir, à penser que tout le monde voulait me faire souffrir et que maintenant que tu étais parti, il n’y avait plus personne pour me protéger.

J’ai passé des mois enfermée entre les murs que j’avais construits pour éloigner tout le monde, mais je n’ai réalisé que trop tard que j’étais en fait en train de m’enterrer.

Je n’arrive toujours pas à croire que tu aies aussi bien réussi.

Je n’arrive toujours pas à croire que j’ai pu être aveugle au point de ne pas voir ce que tu faisais.

Pensant que tu m’aimais, je t’ai tout donné. Pensant que tu voulais me protéger, j’ai baissé ma garde pour toi et j’ai repoussé tous les autres.

J’ai repoussé mes amis et ma famille, pensant que tu étais tout ce dont j’avais besoin.

Mon vieux, j’avais tellement tort…

Je tiens à te féliciter pour avoir réussi à me manipuler si adroitement que je n’ai rien vu venir.

Je tiens à te féliciter pour m’avoir privée de toutes mes forces, sans même que je ne le réalise.

Je tiens à te féliciter d‘avoir perdu une fille qui voulait être tienne.

D’avoir perdu quelqu’un qui s’intéressait réellement à toi.

Mais de même que j’ai été aveugle face à tes manipulations, tu n’as pas su voir ma valeur.

Tu n’as vu que ce dont tu avais besoin et je n’ai été qu’une autre des victimes de tes jeux.

Et pendant que j’étais aveuglée par l’amour, tu étais aveuglé par ta haine, pas ta douleur et par des anciennes cicatrices.

Mais même si je n’en étais pas responsable, j’ai souffert pour chacune d’entre elles.

Chaque fois que tu me trompais, je souffrais.

Chaque fois que tu te sentais nul, je me sentais nulle.

Chaque fois que tu manquais d’amour, je ne me sentais pas aimée.

Mais ça ne m’intéresse plus. Plus maintenant. Tu n’as été rien de plus qu’une autre leçon de vie et ton départ n’a été qu’un test réussi de plus.

J’ai mené mes propres combats et il m’a fallu du temps, mais je t’ai oublié, j’ai surmonté l’enfer que tu m’as fait vivre et maintenant je suis plus heureuse que je ne l’ai jamais été.

Je suis plus courageuse que je ne l’ai jamais été, parce que je m’ouvre enfin aux autres.

À nouveau, je me donne aux autres, mais aux bonnes personnes cette fois.

Cette fois, mon cœur est en sécurité, parce qu’il est protégé par des gens qui ne m’abandonneraient jamais, par des gens qui ont patiemment attendu que je me remette sur pieds et que je leur demande de l’aide.

Je ne sais pas ce que j’ai fait pour les mériter, ce que j’ai fait pour recevoir leur amour inconditionnel, mais je suis heureuse de les avoir.

Tellement reconnaissante envers ceux qui me rappellent sans cesse ce que je vaux, qui me rappellent quel grand courage, quelle grande force et quels talents sont les miens.

Je suis reconnaissante envers tous ceux qui me rappelleront sans cesse que de toutes façons, j’étais trop bien pour toi.

Et enfin, je m’en rends compte moi-même.

Enfin, j’ai trouvé le courage de le dire.

De toutes façons, je suis trop bien pour toi.